« Sous les bombes » : l’apport de l’archéologie des vestiges d’abris de défense passive à l’étude du quotidien des civils en temps de guerre

Auteurs-es

  • Alexis Lecoq Université d’Orléans

Mots-clés :

France, Seconde Guerre mondiale, Défense passive, Archéologie préventive, Bombardements aériens, Vie quotidienne, Second World War, Passive defense, Preventive archaeology, Aerial bombings, Ordinary life

Résumé

Quel est l’apport de l’archéologie des vestiges de défense passive à l’histoire sociale de la Seconde Guerre mondiale ? Longtemps négligées ou détruites, ces infrastructures constituent aujourd’hui des sources majeures pour documenter l’expérience quotidienne des civils « sous les bombes ». Issues principalement de l’archéologie préventive, ces découvertes éclairent les logiques de protection mises en place par les autorités et les habitants, ainsi que l’adaptation des espaces domestiques et urbains au danger aérien. Par l’analyse matérielle des abris et du mobilier associé, confrontée aux archives et témoignages, il devient possible de restituer les gestes, peurs et routines liés à la vie en milieu confiné. L’étude de ces vestiges révèle l’importance de la défense passive dans l’organisation des villes et dans le quotidiens des civils malgré une longue absence dans la mémoire collective, souvent occultée après-guerre. Cet article souligne ainsi le potentiel de l’archéologie contemporaine pour renouveler l’histoire de la guerre, en intégrant une approche pluridisciplinaire attentive à la matérialité, à la mémoire et aux pratiques ordinaires des civils confrontés aux bombardements.

What is the contribution of the archaeology of passive defense remains to the social history of the Second World War? Long overlooked or destroyed, these infrastructures have now become key sources for documenting the daily experiences of civilians living “under the bombs.” Largely uncovered through preventive archaeology, these findings shed light on the protection strategies implemented by authorities and residents, as well as the adaptation of domestic and urban spaces to the threat of aerial attacks. By analyzing the material evidence of shelters and associated objects, in conjunction with archival records and testimonies, it becomes possible to reconstruct the gestures, fears, and routines of life in confined spaces. The study of these remains reveals the central role of passive defense in the organization of cities and in civilian life, despite its long absence from collective memory, often silenced in the postwar period. This article thus highlights the potential of contemporary archaeology to renew the history of war through an interdisciplinary approach attentive to materiality, memory, and the everyday practices of civilians facing bombardment.

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Publié-e

22-06-2026

Comment citer

Lecoq, A. (2026). « Sous les bombes » : l’apport de l’archéologie des vestiges d’abris de défense passive à l’étude du quotidien des civils en temps de guerre. Bellica. Guerre, Histoire Et sociétés, 4(1), 153–173. Consulté à l’adresse https://edition.uqam.ca/bellica/article/view/3988