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  • « Écrire le terrain en Asie du Sud. Vers un tournant alternatif ? » Dirigé par Tristan Bruslé et Anne Castaing
    Vol. 3 No. 1-2 (2026)

    Le champ des écritures alternatives de la recherche constitue aujourd’hui un champ de réflexion en plein expansion, qui interroge tant la transmission du savoir que sa production. De fait, en sciences humaines et sociales en particulier, la mobilisation croissante de modalités alternatives dans la transmission de la recherche à destination des chercheurs témoigne à la fois de l’émergence d’une réflexion globale d’ordre méthodologique – l’écriture scientifique ne serait plus un impensé, comme le suggéraient Le Bart et Mazel en 2021 – et d’une volonté des chercheurs, d’ordre pratique, d’explorer les possibilités offertes par l’image, la fiction, le récit de soi, le son, les nouvelles technologies, les humanités numériques, etc.

    Les raisons de ce véritable changement de paradigme dans la transmission du savoir, de ce « tournant alternatif » de la recherche, sont diverses et amplement décrites dans quantité d’articles et d’ouvrages de référence abondant sur le marché de la méthodologie académique, sans parler des colloques, séminaires et enseignements de tous types. Il est intéressant de constater que les motivations des chercheurs à transmettre autrement varient en fonction des disciplines – certaines étant à l’évidence plus portées sur l’écriture, et donc plus fragilisées par ce type de débats pourtant essentiels ; certaines mobilisant presque historiquement des formats alternatifs, comme l’illustre par exemple, pour l’anthropologie, l’incontournable festival Jean Rouch. Le tournant alternatif dresse ainsi le procès de l’écriture scientifique en SHS : inaptitude de l’écriture en histoire, en anthropologie, en géographie ou en sociologie à saisir la complexité de l’expérience humaine; réticence à mobiliser le domaine des émotions, dont la pertinence dans les SHS fut pourtant abondamment décrite par l’« affective turn » dans différentes disciplines ; discrédit du positionnement réflexif du chercheur dans son rapport au terrain, quand la subjectivité apparait désormais comme un champ d’investigation fécond. De fait, nombre de travaux montrent à quel point les écritures alternatives permettent de mettre en lumière la complexité de la recherche comme pratique (qu’elle soit de terrain ou autre) tout autant que comme résultat.

    Pour les sciences humaines et sociales, la question du terrain comme espace singulier et comme pratique mais aussi la question de sa nature infléchissent de façon significative celle des modalités de sa restitution : comment témoigner au mieux d’expériences de terrains complexes, singuliers ou difficiles ? Comment valoriser les interactions du chercheur, les ambiguïtés, l’hétérogénéité et la complexité (sociale, politique, culturelle) des terrains et de ses acteurs ? Comment contourner les questions de censure imposées par certains contextes politiques ? Comment, enfin, s’adresser à un public peu familier des particularités culturelles d’une expérience de terrain ?

    Notons que les spécificités des aires culturelles restent peu abordées dans le champ de réflexion qui s’élabore autour des écritures alternatives, alors que se tissent entre les deux champs des interactions à l’évidence fécondes, du moins éclairantes : que dit des spécificités d’un terrain la mobilisation de modalités alternatives ? Au-delà même des disciplines, quels terrains, quelles recherches imposent ou encouragent les écritures alternatives, et pourquoi ? L’écriture alternative serait-elle une écriture « sous contrainte », imposée par certains contextes, et est-elle tributaire des spécificités du terrain ?

    L’objet du numéro spécial est d’interroger le « tournant alternatif » des SHS au prisme des travaux sur l’Asie du Sud, d’en examiner les pratiques et les expérimentations dans les différentes disciplines, mais aussi les motivations qui les suscitent, les moyens et les possibilités qu’elles offrent. Quels types de modalités alternatives sont mobilisés et produits dans la recherche sur l’Asie du Sud, et à quelles fins ? Qu’apportent-elles aux chercheurs, aux lecteurs, aux acteurs du terrain ? Témoignent-elles ou non d’une spécificité (culturelle, sociale, religieuse, politique) du terrain sud-asiatique, imposant là une spécificité dans la restitution de la recherche ?

    Il s’agit à la fois de présenter des travaux de recherche sous forme alternative (photo, vidéo, multimédia, etc.) et de lancer une réflexion sur la pertinence de ces restitutions alternatives dans le contexte de l’Asie du sud.

  • « Diasporas sud-asiatiques: politique, genre et rituels » Dirigé par Mathieu Boisvert
    Vol. 1 No. 2 (2024)

    Le deuxième numéro thématique de la RIAS, intitulé "Diasporas sud-asiatiques : politique, genre et rituels", explore les migrations issues de l'Asie du Sud. Les différentes contributions, issues de diverses disciplines, explorent les manières dont les identités communautaires, les rituels et les pratiques sont renégociés dans de nouveaux lieux et contextes. 

  • « Savoirs, Discours et Création : Imaginer l’« Autre » - perspectives de l’Inde et du Canada » Dirigé par Diana Dimitrova
    Vol. 2 No. 2 (2025)

    Le présent numéro thématique de La Revue interdisciplinaire sur l’Asie du Sud (RIAS) rassemble trois articles consacrés à la manière dont nous imaginons l’« Autre », et à l’interface du savoir, du discours et de la création. Le fil conducteur qui relie les différents articles est l’appropriation et la réinterprétation des savoirs, pratiques et discours issus des traditions sud-asiatiques. Tous les chapitres explorent les différentes façons d’imaginer l’« Autre ». Les essais de ce recueil répondent à des questions similaires : comment interpréter le présent ? Quel rapport entretenons-nous avec l’« Autre » ? Comment répondre à l’appel de l’« Autre » ? Comment vivre ensemble harmonieusement dans les sociétés modernes (Hall et al. 2000) et comment tirer les leçons des savoirs et des pratiques de l’Asie ? Les essais abordent les questions soulevées à partir de perspectives des études textuelles, de la critique idéologique, de la théorie décoloniale et des théories de l’histoire connectée ainsi que de la reliance éthique.

  • « Maternités et figures maternelles en Asie du Sud » Dirigé par Mathieu Boisvert et Florence Pasche Guignard
    Vol. 1 No. 1 (2023)

    Ce premier numéro thématique de la RIAS propose d’éclairer la thématique de la maternité dans le contexte des traditions religieuses de l’Asie du Sud, en examinant des figures, des textes, des croyances et des pratiques historiques et contemporaines. Les contributions proposées analyseront comment la maternité, dans ses aspects genrés, constitue un lieu de négociation des rapports avec le religieux dans différentes traditions, en favorisant une perspective comparative sur les rapports entre maternités et religions et en mettant en parallèle une variété d’études de cas avec différentes approches disciplinaires et méthodologiques.

  • « À la fois autochtones et indiens : réalités et enjeux tribaux et ādivāsīs en Asie du Sud » Dirigé par Marwan Attalah
    Vol. 2 No. 1 (2024)

    Ce numéro spécial de la revue intitulée À la fois autochtones et indiens : réalités et enjeux tribaux et ādivāsīs en Asie du Sud fait suite à la série de conférences virtuelles organisées à l’automne 2022 par le Centre d’études et de recherche sur l’Inde, l’Asie du Sud et sa diaspora (CERIAS) et réunis cinq textes qui explorent tous des dimensions distinctes de l’autochtonie en Inde et dans la diaspora. L'ambition principale de ce numéro spécial est d'approfondir la compréhension des réalités auxquelles sont confrontées les communautés tribales et ādivāsīs en Asie du Sud. Souvent marginalisés, ces groupes occupent une position unique dans le sous-continent à l'intersection de l'identité autochtone et indienne.