Nouvelle lecture de l’origine de l’arbalète médiévale européenne au regard des vestiges archéologiques de l’Ouest français
DOI :
https://doi.org/10.70958/bellica.v4i1.3984Mots-clés :
France, arbalète, mécanisme, technologies, échanges, Late Middle Ages, Moyen Âge tardif, crossbow, mechanism, tradeRésumé
L’armement occupe une place prépondérante dans l’imaginaire collectif porté sur le Moyen Âge. Au sein de cet équipement offensif individuel se trouve aussi une arme sous-représentée et pourtant primordiale, l’arbalète. Arme de trait, elle occupe une place considérable dans le matériel cynégétique et militaire du Moyen Âge européen. Aujourd’hui, un consensus scientifique est atteint. Cette forme mécanisée de l’arc prendrait son origine en Asie du Sud-Est aux alentours des ve-vie siècles av. J.-C. Elle est ensuite transférée vers l’Europe lors de deux vagues successives. Un premier modèle de l’arbalète apparaît ainsi de manière précoce en Grèce hellénistique. Les traces écrites sont plus prégnantes durant les premiers siècles de notre ère, avec les chirobalistes et autres arcuballistae des auteurs romains. Disparaissant ensuite pendant le premier Moyen Âge, elle réapparaîtrait à partir du xe siècle. Son usage est alors attesté en Europe, mais aussi chez certaines populations de l’Est méditerranéen. Dès cette période, les indices se multiplient dans les sources documentaires, l’iconographie de la guerre, et en archéologie. Une question reste cependant en suspens dans ce transfert culturel particulier. La complexité des détentes chinoises diverge de la simplicité du dispositif européen. Il en est de même pour le matériau utilisé, passant du métal aux matières osseuses. Les divers objets archéologiques mis au jour en France et en Europe ces dernières décennies témoignent par ailleurs de cette évolution morphologique. Emprunt direct ou création ex nihilo plus tardive, l’article tentera d’apporter de nouvelles pistes de réflexion sur l’apparition de l’arbalète médiévale.
Weapons occupy a prominent place in the collective imagination of the Middle Ages. Among this offensive equipment is a weapon that is underrepresented yet essential: the crossbow. Using bolts, it played a significant role in hunting and military equipment in medieval Europe. Today, there is scientific consensus has been reached. This mechanised form of the bow originated from Southeast Asia around the 5th-6th centuries BC. It was then transferred to Europe in two successive waves. An early model of the crossbow appeared in Hellenistic Greece. Written records are more prevalent during the first centuries of our era, with Roman authors mentioning chirobalistas and other arcuballistae. After disappearing during the early Middle Ages, it reappeared in the 10th century. Its use is attested in Europe, but also among certain populations in the eastern Mediterranean. From this period onwards, evidence of its use increases in documentary sources, iconography and archaeology. However, one question remains unanswered in this particular cultural transfer. The complexity of Chinese triggers differs from the simplicity of the European device. The same is true about the material used, which changed from metal to osseous materials. The various archaeological objects unearthed in France and Europe in recent decades also bear witness to this morphological evolution. Whether a direct borrowing or a later creation ex nihilo, this article will attempt to provide new approaches for reflection on the emergence of the medieval crossbow.
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© Henrique Sarmento Pedro 2026

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