The Interdisciplinary Journal on South Asia (RIAS) aims to occupy a special place in the French-speaking scientific and academic landscape by taking a multidisciplinary approach to South Asia. The journal emphasises this interdisciplinarity - philology, law, sociology, anthropology, political science, religious studies, literature and creative writing - and aims to present issues and realities specific to South Asia from different perspectives, as well as analysing its avatars from a variety of angles. The aim of the journal is to provide a platform for the open dissemination of articles dealing with both contemporary and historical issues relating to South Asia, its multiple universes of meaning and practice, and its diasporas.
Le champ des écritures alternatives de la recherche constitue aujourd’hui un champ de réflexion en plein expansion, qui interroge tant la transmission du savoir que sa production. De fait, en sciences humaines et sociales en particulier, la mobilisation croissante de modalités alternatives dans la transmission de la recherche à destination des chercheurs témoigne à la fois de l’émergence d’une réflexion globale d’ordre méthodologique – l’écriture scientifique ne serait plus un impensé, comme le suggéraient Le Bart et Mazel en 2021 – et d’une volonté des chercheurs, d’ordre pratique, d’explorer les possibilités offertes par l’image, la fiction, le récit de soi, le son, les nouvelles technologies, les humanités numériques, etc.
Les raisons de ce véritable changement de paradigme dans la transmission du savoir, de ce « tournant alternatif » de la recherche, sont diverses et amplement décrites dans quantité d’articles et d’ouvrages de référence abondant sur le marché de la méthodologie académique, sans parler des colloques, séminaires et enseignements de tous types. Il est intéressant de constater que les motivations des chercheurs à transmettre autrement varient en fonction des disciplines – certaines étant à l’évidence plus portées sur l’écriture, et donc plus fragilisées par ce type de débats pourtant essentiels ; certaines mobilisant presque historiquement des formats alternatifs, comme l’illustre par exemple, pour l’anthropologie, l’incontournable festival Jean Rouch. Le tournant alternatif dresse ainsi le procès de l’écriture scientifique en SHS : inaptitude de l’écriture en histoire, en anthropologie, en géographie ou en sociologie à saisir la complexité de l’expérience humaine; réticence à mobiliser le domaine des émotions, dont la pertinence dans les SHS fut pourtant abondamment décrite par l’« affective turn » dans différentes disciplines ; discrédit du positionnement réflexif du chercheur dans son rapport au terrain, quand la subjectivité apparait désormais comme un champ d’investigation fécond. De fait, nombre de travaux montrent à quel point les écritures alternatives permettent de mettre en lumière la complexité de la recherche comme pratique (qu’elle soit de terrain ou autre) tout autant que comme résultat.
Pour les sciences humaines et sociales, la question du terrain comme espace singulier et comme pratique mais aussi la question de sa nature infléchissent de façon significative celle des modalités de sa restitution : comment témoigner au mieux d’expériences de terrains complexes, singuliers ou difficiles ? Comment valoriser les interactions du chercheur, les ambiguïtés, l’hétérogénéité et la complexité (sociale, politique, culturelle) des terrains et de ses acteurs ? Comment contourner les questions de censure imposées par certains contextes politiques ? Comment, enfin, s’adresser à un public peu familier des particularités culturelles d’une expérience de terrain ?
Notons que les spécificités des aires culturelles restent peu abordées dans le champ de réflexion qui s’élabore autour des écritures alternatives, alors que se tissent entre les deux champs des interactions à l’évidence fécondes, du moins éclairantes : que dit des spécificités d’un terrain la mobilisation de modalités alternatives ? Au-delà même des disciplines, quels terrains, quelles recherches imposent ou encouragent les écritures alternatives, et pourquoi ? L’écriture alternative serait-elle une écriture « sous contrainte », imposée par certains contextes, et est-elle tributaire des spécificités du terrain ?
L’objet du numéro spécial est d’interroger le « tournant alternatif » des SHS au prisme des travaux sur l’Asie du Sud, d’en examiner les pratiques et les expérimentations dans les différentes disciplines, mais aussi les motivations qui les suscitent, les moyens et les possibilités qu’elles offrent. Quels types de modalités alternatives sont mobilisés et produits dans la recherche sur l’Asie du Sud, et à quelles fins ? Qu’apportent-elles aux chercheurs, aux lecteurs, aux acteurs du terrain ? Témoignent-elles ou non d’une spécificité (culturelle, sociale, religieuse, politique) du terrain sud-asiatique, imposant là une spécificité dans la restitution de la recherche ?
Il s’agit à la fois de présenter des travaux de recherche sous forme alternative (photo, vidéo, multimédia, etc.) et de lancer une réflexion sur la pertinence de ces restitutions alternatives dans le contexte de l’Asie du sud.
La Revue interdisciplinaire sur l’Asie du Sud (RIAS) souhaite occuper une place privilégiée dans le paysage scientifique et universitaire francophone en abordant l’Asie du Sud dans une perspective pluridisciplinaire. La revue insiste sur cette interdisciplinarité – philologie, droit, sociologie, anthropologie, sciences politiques, sciences des religions, littérature ou création – et aura pour objectif de présenter selon différentes focales des problématiques et réalités spécifiques à l’Asie du Sud ainsi que d’analyser de manière plurielle ses avatars. L’ambition de cette revue est donc de fournir une plateforme de diffusion en libre accès d’articles qui traitent d’enjeux autant contemporains qu’historiques liés à l’Asie du Sud, ses multiples univers de sens et de pratiques, et ses diasporas.
Sur le plan des publications, la RIAS diffuse uniquement des manuscrits originaux qui peuvent prendre à la fois la forme d’articles scientifiques, de projets de recherche-création et de comptes rendus d’ouvrages. L’objectif est de promouvoir les publications de chercheurs et chercheuses confirmé.e.s, mais aussi les contributions et les publications des étudiantes et étudiants aux cycles supérieurs.
La RIAS publie annuellement deux numéros. Ceux-ci contiennent, en principe, un dossier thématique, une section hors-thème, et une section pour les recensions. Des numéros hors-thèmes, regroupant des articles variés, sont aussi proposés régulièrement. Les propositions de thèmes doivent être soumises au Comité de rédaction. Une fois leur proposition approuvée, les responsables de numéro ont la charge de sélectionner les textes en procédant à des appels à publication ou en contactant directement des chercheurs ou chercheuses spécifiques. La RIAS privilégie aussi la publication des actes de colloques issus des différents cycles de conférences organisée, entre autres, par le Centre d’études et de recherche sur l’Inde, l’Asie du Sud et sa diaspora (CERIAS). Chaque numéro de la RIAS inclut également une liste d’ouvrages francophones publiés récemment et que nous aimerions voir recensés, ainsi qu’une section dédiée à la recension d’ouvrages récents.
La RIAS respecte le principe de l’évaluation à l’aveugle par les pairs. Dans le cadre d’une publication potentielle, les manuscrits soumis à la revue sont d’abord lus et acceptés par le Comité de rédaction avant d’être envoyés pour une évaluation externe. L’évaluation se fait de manière entièrement anonyme par au moins deux professeur.e.s ou chercheur.e.s reconnu.e.s dans le champ de recherche du texte. Tout en laissant une marge de manœuvre importante dans l’examen de l’article, une grille d’évaluation préalablement élaborée par le Comité de rédaction est aussi fournie aux évaluateurs et évaluatrices pour juger notamment de la rigueur conceptuelle, de l’originalité ainsi que de l’intérêt du texte dans l’avancement des connaissances. En procédant ainsi, il est plus facile pour le comité de la RIAS d’harmoniser les différentes évaluations et de déterminer la recevabilité d’un article.
En fonction des commentaires fournis par les évaluateurs et évaluatrices, tout article proposé peut donc faire l’objet d’une publication tel quel, mais le Comité de rédaction peut aussi demander des révisions mineures ou majeures aux auteur.e.s. De plus, le Comité de rédaction se réserve le droit de ne pas accepter un manuscrit s’il ne correspond pas aux exigences fixées par la revue. Les positionnements intellectuels ou politiques des auteur.e.s n'engage cependant qu'eux-mêmes.
La revue opère selon le modèle de libre accès par la mise à disposition gratuite des articles de la revue, sans restriction d’utilisation et d’accès, sur sa plateforme en ligne. En publiant leurs travaux dans la RIAS, les auteur.e.s conservent leurs droits d'auteur. Cependant, la RIAS détient une licence d'exclusivité et de première publication sur les manuscrits acceptés. La reproduction d'un texte entièrement ou partiellement publié dans la revue doit donc être acceptée par le Comité de rédaction au préalable.
Normes de présentation des articles.
Mathieu Boisvert, professeur au Département de sciences des religions, Université du Québec à Montréal
Karine Bates, professeure du Département d'anthropologie, Université de Montréal
Serge Granger, professeur à l'École de politique appliquée, Université Sherbrooke
Florence Pasche Guignard, professeure à la Faculté de théologie et de sciences religieuses, Université Laval