Quand le fantasme du sauvage légitime l'exploitation des Nords : critiquer la pensée du vivant depuis le véganisme décolonial

Auteurs-es

  • Lucas Krishnapillai Doctorant en science politique et chargé de cours, (Université du Québec à Montréal).
  • Myriam Bahaffou Doctorante en philosophie féministe, CURAPP (Université Picardie Jules Verne) et IEF (Université d'Ottawa), chargée de cours en philosophie.

Mots-clés :

Antispécisme blanc, Véganisme autochtone, Pensée du vivant

Résumé

Peut-on être écologiste et anti-végane en 2026 ? A l'inverse, est-il possible de se soucier du sort des animaux autres qu'humains sans donner de l'attention aux écosystèmes au sein desquels ils, et nous, vivons ? Et si ce dilemme était tout simplement mal posé ? Ce texte a vocation à analyser sous un nouveau jour ce débat qui ne cesse de faire résurgence sous différentes formes, à commencer par la "pensée du vivant" en francophonie depuis quelques années. En effet, dans le cadre de ce numéro spécifiquement axé sur le décolonial, nous voudrions proposer un dialogue encore peu ouvert entre : penseureuses du vivant, théorie décoloniale et antispécisme. Plus largement, le prétendu "tournant ontologique" (TO) sera confronté doublement aux théories décoloniales et antispécistes, puis aux propositions autochtones résistant à l'état colonial du Canada. Au vu de l’ambition de cette thématique, du travail conséquent développé par les auteurices sur ces enjeux depuis plusieurs années, ce texte ne peut répondre à une exigence d’exhaustivité. Nous nous contenterons ainsi d’établir solidement le problème et donner à voir les principaux débats internes (tension entre individu et collectif, animaux sauvages et domestiqués, reproche de la persistance d'une métaphysique humaniste persistante dans l'un et l'autre camp, argument de la naïveté antispéciste..). Avant de publier peut-être prochainement un article qui fasse justice à la diversité et la force des véganismes décoloniaux et autochtones, nous avons considéré plus urgent de déverrouiller le faux débat dans lequel nous sommes immobilisé∙es, à la fois en théorie (éthique environnementale VS éthique animale) et en pratique (antispécistes VS naturalistes), débat qui, loin d'avoir été réglé par le TO, s'en est même trouvé aggravé.

Téléchargements

Publié-e

2026-06-26

Comment citer

Krishnapillai, L., & Bahaffou, M. (2026). Quand le fantasme du sauvage légitime l’exploitation des Nords : critiquer la pensée du vivant depuis le véganisme décolonial. Revue Œconomia Humana, (3), 106–115. Consulté à l’adresse https://edition.uqam.ca/revue-oeconomia-humana/article/view/3759

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